Lamballe et les Ursulines

Angèle Mérici

La congrégation des Ursulines a été fondée en Italie en 1535 par Angèle de Mérici pour l’éducation chrétienne des jeunes filles. Elles enseignent et aident les pauvres.

Les Ursulines s’installent en France en 1611 et arrivent à Lamballe en 1636. Elles aménagent des terres où elles construisent des couvents. Ces couvents abritent des bâtiments économiques (comme une ferme, un four à pain, un lavoir,…). On y trouve aussi des bâtiments religieux comme des chapelles. Et enfin, elles y construisent des bâtiments scolaires comme une école et un pensionnat. L’ensemble de ces bâtiments, ainsi que le grand jardin qui se trouve derrière, leur permet de vivre en autarcie.

Chassées pendant la Révolution, en 1792, elles reviennent dans leurs locaux en 1826, avant d’en être définitivement renvoyées par la loi de séparation des Églises et de l’État au début du XXe siècle. Depuis, le site abrite des établissements scolaires laïcs.

Aujourd’hui, le site accueille un collège public portant le nom de Gustave Téry.

Vue aérienne Collège
Vue aérienne du collège Gustave Téry de Lamballe, extraite du site http://www.geoportail.gouv.fr/accueil

Vue d’ensemble actuelle

Vue aérienne Collège détails bâtiments
Vue aérienne du collège Gustave Téry de Lamballe avec les noms des différents bâtiments


Le bâtiment A (construit en 1859) est l’entrée principale du collège ; il donne sur la rue Saint-Martin.
Le bâtiment B (construit en 1960/65) que l’on aperçoit lorsque l’on se trouve dans la rue Marie-Eveillard comporte également des salles de classes et des laboratoires au rez-de-chaussée. Auparavant, à sa place, se dressait la chapelle du couvent des Ursulines.
Le bâtiment C (construit en 1960/65)comporte le restaurant scolaire, des salles de classe et d’étude, le CDI, des salles multimédia.
Le bâtiment SEGPA (construit en 1960/65) qui donne sur la rue de la Caunelaye dispose de nos jours de salles de classes aux étages, et d’un foyer au rez-de-chaussée. Il a été bâti sur les anciens jardins du monastère.

Façade - Rue Saint-Martin

Façade Collège Gustave Téry - photo n°1 - 25 janvier 2015
Collège Jeunes Filles 1900
Numérisation d’une carte postale du collège de Jeunes Filles de Lamballe - Années 1900

Ces deux bâtiments sont les mêmes. La rue Saint-Martin autrefois de terre est évidemment aujourd’hui goudronnée. Sur la carte postale ancienne, on peut remarquer les ouvriers dans leur travail de réfection du trottoir sud avec des pavés.

Ce bâtiment a été construit en 1859. Il occupe l’emplacement exact d’un bâtiment beaucoup plus ancien. Il abrite le pensionnat (l’endroit où sont logées les jeunes filles qui étudient au couvent) ainsi que des salles de classe.

Collège Jeunes Filles 1900 n°2
Numérisation d’une carte postale du collège de Jeunes Filles de Lamballe - Années 1900

Aujourd’hui le mur d’entrée a disparu. La petite cour et le petit jardin qu’il dissimulait ont cédé leur place à un parking. Le dernier étage a été aménagé. Ce bâtiment abrite aujourd’hui les bureaux de l’administration du collège (direction, intendance, secrétariats), les cuisines, la vie scolaire, l’infirmerie, le bureau de l’assistante sociale, des salles de réunion et quelques logements.

Le pignon - Rue Marie Eveillard

 [1]

Ancienne chapelle 1950
Photographie des années 1950 de l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines de Lamballe

Elle représente la chapelle de l’ancien couvent des Ursulines de Lamballe, construite entre 1637 et 1661.

Facade Collège Gustave Téry - photo n°2 - 25 janvier 2015
Couvent des Ursulines, vue du coin sud-est
Numérisation d’une carte postale du couvent des Ursulines de Lamballe - Fin XIXe siècle

A l’extrême gauche, nous pouvons voir le bâtiment pour jeunes filles externes. A l’extrême droite se trouve la rue Marie Eveillard longée par le local pour l’aumônier qui sera divisé en deux parties : l’une pour l’octroi et l’autre pour le charron. Au centre, se trouve le local pour les novices, qui deviendra au début du XIXe siècle un local de bibliothèque. Enfin à l’arrière-plan, on aperçoit la chapelle publique construite entre 1653 et 1655.

Octroi rue Marie Eveillard
Numérisation d’une carte postale représentant la façade est du couvent des Ursulines de Lamballe

Elle a cédé la place au bâtiment B du collège entre 1960 et 1965. A la fin des années 1980, le séquoia que l’on aperçoit à gauche dans la photographie a été coupé, à la suite d’une forte tempête. Il a été remplacé par quelques plantations dont un olivier, planté fin 2003 à l’occasion du 5e anniversaire du jumelage de Lamballe avec la cité portugaise d’Oliveira do Bairro.

Ilot de verdure
Ancien emplacement du séquoia - Au centre, se trouve dorénavant un olivier - 2 février 2015

La chapelle qui fut un temps occupée par un réfectoire qu XXe siècle a donc été remplacée par un bâtiment abritant une trentaine de salles de cours.

Facade Collège Gustave Téry - photo n°3 - 25 janvier 2015

Le rez-de-chaussée abrite des salles de Sciences de la Vie et de la Terre et de Physique-Chimie. Les deuxième, troisième et quatrième étages abritent des salles de cours. A droite de ce bâtiment, nous pouvons apercevoir le local à vélo.

La cour

Jardin du couvent des Ursulines de Lamballe
Numérisation d’une reproduction de photographie du jardin du couvent des Ursulines de Lamballe - Fin du XIXe siècle
Cour avec vue des bâtiments A et C
2 février 2015

La comparaison des deux photographies montre que la cour du collège a remplacé une partie de l’immense jardin planté par les Ursulines. Le bitume, des panneaux de basket, un malheureux « rond-point » tentent de faire oublier pelouses, parterres fleuris, potager et les nombreuses essences végétales qui agrémentaient les lieux. Espace de repos et de méditation pour les religieuses, il leur permettait de vivre en autarcie.

Le bâtiment C dissimule le clocher de l’église Saint-Martin à peine visible à l’extrême droite de la photographie ancienne.

Quartier Saint-Martin au début du XIXe siècle

Cadastre 1831
Photographie d’une copie du plan cadastral napoléonien de 1831, parcelles 276-622, 4 num 22

Il nous informe sur le quartier Saint-Martin de Lamballe au début du XIXe siècle. Il représente, à quelques modifications près, le bâti à la fin du XVIIIe siècle. Sur le plan cadastral, on voit bien le couvent des Ursulines.

Entre le début du XIXe siècle et 1908, le plan d’ensemble ne change pas beaucoup car on retrouve toujours les bâtiments principaux. La disposition des édifices n’a pas connu de changement notable.

Sur le plan datant de 1908, on peut observer l’apparition d’un puits, d’un four, d’un cimetière et aussi de bâtiments économiques : porcherie, étable, bûcher, cellier. On peut observer également un bâtiment qui abrite très probablement l’externat et une chapelle. En revanche, en 1908, il n’y a plus de cimetière, ni de maison au fond du grand jardin.

En fait, il est fort probable que les différents bâtiments aient déjà rempli ces rôles avant la Révolution. Malheureusement le plan cadastral n’apporte pas ces précisions.

En 1908

Plan couvent des Ursulines de Lamballe - 1908
Photographie d’une copie du plan de G. de Sallier Dupin du couvent des Ursulines - 1908

Légendes :

  • 1 et 4 : cours
  • 2 : bâtiment du pensionnat reconstruit en 1859 (au rez-de-chaussée : l’entrée, les classes et la salle des fêtes ; à l’étage : le dortoir)
  • 3 : bâtiment des religieuses supprimé en 1912 (au rez-de-chaussée : le chapitre, le réfectoire ; à l’étage : les cellules)
  • 5 : bâtiment construit en 1843 qui abrite très probablement l’externat et la chapelle des Enfants de Marie
  • 6 : passage pour accéder à la chapelle publique
  • 7 : pavillon de l’aumônier
  • 8 : grand pavillon qui a servi de noviciat, mais qui a pu recevoir une nouvelle affectation
  • 9 : chapelle publique
  • 10 : chapelle conventuelle
  • 11 : passage pour accéder à la ferme
  • 12 : étable
  • 13 : bûcher
  • 14 : cellier
  • 15 : porcherie
  • 16 : four
  • 17 : puits

Comparaison 1905/08 – 1950/55

Collège moderne Jeunes Filles
Photographie d’une copie du plan du collège moderne et technique de Jeunes Filles de Lamballe - Années 1950

A l’ouest du collège, les bâtiments sont restés intacts mais certaines fonctions ont changé : les douches ont remplacé le bûcher et ce dernier a pris la place de l’étable. A côté, les bâtiments de 1908 ont été détruits et un préau a été bâti. Le puits a été supprimé.

A l’est du collège, le réfectoire et la bibliothèque municipale ont remplacé respectivement la chapelle conventuelle et la chapelle publique. Ces changements sont dus au fait que l’endroit n’est plus un bâtiment religieux ; des chapelles n’auraient aucune fonction dans un établissement scolaire laïc. A proximité des cuisines, le grand pavillon de 1908 est un lieu qui ne sert à rien dorénavant, la chapelle des Enfants de Marie et le bâtiment des religieuses ont laissé place à un externat et une grande cour. Ils ont été remplacés car ils n’avaient plus aucune utilité dans une école.

Cour avec vue des bâtiments B, A et C.
2 février 2015

Si le jardin des Ursulines a cédé la place à un terrain de sport, sur la rue Saint-Martin, le bâtiment principal (bâtiment A d’aujourd’hui) et la petite cour n’ont pas subi de transformations.

Comparaison 1950/55 – 2000

Vue aérienne 1950

On peut apercevoir l’ancien couvent des Ursulines, occupé par le lycée de jeunes filles.

Vue aérienne 1980

On aperçoit au premier plan le collège Gustave Téry et son séquoia planté à l’intérieur à la fin du XVIIIe siècle. La cuisine, le réfectoire, la bibliothèque municipale (l’ancienne chapelle du XVIIe siècle) et le bâtiment en ruine ont été rasés pour laisser place au bâtiment B.

Le préau, les toilettes et le terrain de sport ont été supprimés pour laisser place à la cour et au bâtiment de la SEGPA.

Cour - Vue vers le bâtiment SEGPA
2 février 2015.

Le bûcher, les douches et le cellier ont été supprimés et remplacés par le bâtiment C qui abrite le self et quelques salles de classe.

En résumé :

  • Le bâtiment A est le plus ancien bâtiment du collège. Sa façade date de 1859.
  • La construction des bâtiments actuels date des années 1960/65. Il ne reste plus rien du couvent.
  • Le dernier vestige du couvent – un séquoia – encore visible sur le plan de 1955, a été abattu en 1989 à la suite de la tempête car il devenait trop dangereux. Il a été remplacé par un « rond-point » sur lequel ont été plantés des arbustes, ainsi qu’un olivier (Octobre 2003).

[1Marie Eveillard a été maire de Lamballe du 27 juillet 1922 au 4 février 1924.

Ecole publique des Filles - Photographie d'une reproduction du plan de l'école publique des Filles de Lamballe - 1910